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JAZZ HOT juin 2012
CHRIS RIME "TV ORCHESTRA"
Enregistré à Alfortville Durée : 1h 01’ 42’’

Cinquième album pour Christophe Rime qui décide de nous replonger dans l’univers désuet des séries TV des sixties et seventies. L’occasion pour certain de découvrir que Lalo Schifrin était un maître en matière de ce type de bande originale.

C’est en effet à lui que l’on doit « Mannix », « Mission impossible » ou « Agents très spéciaux ». Pour faire étinceler ces morceaux, le guitariste s’est adjoint une rythmique brûlante avec Michel Alibo (b) et Roger Biwandu (dm). Mission impossible swingue comme ce n’est pas possible avec l’apport des deux musiciens. Même recette même sanction pour Mannix qui démarre plutôt tendrement comme le sourire de Mike Connors (Joe Mannix).

La présence du clavier de Lionel Fortin offre un chaloupé radieux aux envolées de Christophe Rime. Cerise sur le gâteau, Marcus Miller vient faire claquer sa basse sur « Chapeau melon et bottes de cuir ».

À côté de toutes ces bonnes reprises, le guitariste propose trois de ses compositions, qui, si elle n’atteignent pas les sommets arpentés jusqu’alors, restent d’excellente facture pour compléter ce TV Orchestra.
Michel Maestracci
GUITARIST JUIN 2012
Interview Christophe Rime


Sensibilisé très tôt au rock de Led Zeppelin et à la black music par son grand frère, Christophe Rime prend aussi rapidement l'habitude de travailler sa guitare sur le canapé face à la télé, devant « Chapeau melon et bottes de cuir », « Mission Impossible » ou « Le prisonnier ». Des séries cultes, dont les thèmes musicaux le sont presque autant, littéralement inscrits dans l'inconscient collectif. Fasciné par cette créativité, Christophe a pris coeur de revisiter avec sa sensibilité quelques unes de ces grandes musiques signées par de grands compositeurs. "TV Orchestra" est un disque qui nous fait remonter le temps avec juste ce qu'il faut de folie, d'audace et de goût !
Mélanie Holé

Christophe, tu es donc un enfant de la télé ?
Oui. Disons que depuis que je suis ado, j'ai toujours fait mes gammes devant des séries. Dans les sept heures de guitare au quotidien, le travail de l'harmonie demande de la concentration, mais le reste c'est de la gymnastique pure et dure, c'est ça que je bosse devant la télé, avec un métronome ; des fois je coupe le son et je mets les sous-titres.

Est-ce que tu continues à faire tes gammes devant des séries ?
Oui, devant Treme, Monk ou Californication. Mais, tu vois, les séries dont j'ai choisi de reprendre les thèmes pour ce disque, elles avaient cela de bien que de c'étaient de grands compositeurs : Lalo Shiffrin, Patrick Williams, Laurie Johnson, Henri Mancini, John Barry. Les thèmes sont super, très bien arrangés, sans que l'arrangement ne soit trop écrasant. J'ai donc essayé de reprendre de vrais thèmes, avec un support harmonique, écrit sur plus de 8 ou 12 mesures. L'autre chose qui m'a plu, c'est qu'ils sont très souvent écrits comme des blues, la première partie est à la tonique, la seconde à la quarte... je trouvais ça super bien parce que ça rejoint l'univers musical qui a bercé mon enfance.

Où t'es tu accordé le plus de liberté, dans les chorus... non ?
C'est pas faux. Je dirais avant tout dans l'écriture, en poussant plus loin le tandem basse/batterie à d'autres éléments rythmiques comme la guitare ou le piano. C'est donc très écrit, et puis après, il est sûr que dans les séries il n'y a pas ou très peu de solos, en même temps il fallait respecter la nature du morceau et ne surtout ne pas faire un déballage d'égocentrisme. C'est compliqué de reprendre une musique aussi connue parce que tu touches à quelque chose de très affectif inscrit dans la mémoire collective, tu ne peux donc pas lui filer une gifle à moins d'avoir énormément d'humour pour que ça passe. Par exemple "Mission Impossible", j'ai voulu le jouer en 4 temps au lieu de 5, en hommage à la version de Limp Bizkit, je trouvais super d'avoir détourné le cycle du rythme du riff et qu'on le reconnaisse super bien. Je suis donc parti de cette idée tout en rajoutant un côté Maceo Parker à base de cuivres. Je voulais qu'on sente l'énergie de la série et du thème.

Généralement tu as une approche assez jazz...
De toute façon, oui j'ai une vision "jazz" de la musique. Comme tout ce que j'ai appris de théorique vient du jazz, quand j'analyse un truc je le retranscrit dans l'esprit. J'ai d'ailleurs sélectionné des morceaux où je pouvais projeter mon univers, tout en restant discret. C'est du moins ce que j'ai essayé de faire car je ne pense pas qu'on puisse jouer "Mannix" de façon jazz rock sans faire sombrer le thème vers un univers plus brut qui ne correspondrait pas à l'écriture du thème original.

Un autre exemple de réarrangement ?
"The Avengers", avec Marcus Miller. J'ai été surpris parce qu'on sent que Marcus a voulu nous plaire tout en se faisant plaisir. Du coup il a mis une énergie plus que débordante. Le morceau était déjà conçu pour qu'il prenne de la place (rires) mais il a pris encore plus de place que je ne le pensais !

Quel est le thème que tu as préféré travailler ?
"Amicalement vôtre". J'adore cette série, c'est d'ailleurs elle qui a déclenché le projet. Je joue souvent le morceau en fin de concert. C'est toujours un plaisir parce que tout le monde connaît, en plus le thème est hyper nostalgique, tu peux faire des solos qui durent une heure, les gens sont captivés !

JAZZ MAGAZINE n°634
CHRIS RIME « TV ORCHESTRA »

Voici un recueil de reprises jazz-funk de génériques de séries télé qui hantent la mémoire collective depuis des lustres. Ne zappez pas : ces remakes vivifiants valent le coup d’oreille. Au programme : Peter Gunn, Mission Impossible, Chapeau melon et bottes de cuir (featuring Marcus Miller en pleine extase slappée), le Cosby show, Magnum, Amicalement vôtre (le cote nostalgique du theme de john Barry est préservé avec lyrisme et feeling), les rues de San Francisco, Mannix et des Agents très spéciaux.

Le leader s’en donne à cœur joie, et les amateurs de guitare en fusion façon Hiram Bullock/Oz Noy/John Scofield ne s’en plaindront pas. Sonorité chaleureuse, phrasé tout en musicalité, Rime évite tout débordement télévisu…pardon téléphoné.

De plus, les trois compos qu’il signe tiennent la route aux côtés de celles de Schifrin, Mancini, Williams et consorts. Mention à Michel Alibo et Roger Biwandu, solide section rythmique de grooveurs siamois.

Julien Ferté
GUITAR PART n°207 Juin 2011
"La MAO et le Home studio pour Guitaristes et bassistes"  C. Rime (ed. Carisch/Eyrolles)

Guitaristes et bassistes sont souvent largués quand vient le moment de s’enregistrer sur un ordinateur. La méthode conçue par Christophe Rime vous permettra de comprendre comment fonctionne un home studio, quels sont les logiciels phares du marché et vous donnera plusieurs astuces pour que vous ne soyez plus perdu dans ce qu’on appelle la M.A.O.
GUITARIST & BASS MAG  02-2010
NOUVEAU !
"TOUT SUR LES GAMMES PENTATONIQUES"

Les gammes pentatoniques sont probablement les gammes les plus utilisées par les guitaristes de rock, de blues et de hard. Mais bien souvent, ces mêmes guitaristes n'exploitent qu'une toute petite partie des possibilités offertes par ces gammes. Les choses vont maintenant changer grâce à cette méthode qui n'a pas volé son titre. Christophe Rime (que vous retrouvez tous les mois dans nos rubriques pédagogiques)y aborde toutes les différentes gammes pentatoniques et leurs modes (en partant de notre bonne vieille penta mineure pour arriver aux modes japonais ou altérés), leurs utilisations en vous offrant des pistes de travail (le travail en position et en démanché, un très grand nombre de séquences et cellules mélodiques, des phrases types...) pour que vous puissiez développer vos propres phrases et enrichir votre jeu. D'une grande clarté pédagogique, cet ouvrage est accompagné d'un cd audio où vous retrouvez les exemples, avec en bonus, et non des moindres, 9 morceaux, où Christophe improvise en utilisant le matériel présenté dans la méthode, et leurs play-back (il y a même 5 play-back supplémentaires). On vous recommande cette méthode qui vous apportera de quoi occuper intelligemment vos petits doigts pour un long moment.
GUITAR PART n°199 – Octobre 2010
"Tout sur les gammes pentatoniques" ed. Carisch

Vous l’avez vu sur le numero d’été de Guitar Part, les gammes pentatoniques sont partout (du Blues au Metal) et pour tous les niveaux. Pour ceux qui veulent aller plus loin, notre confrere Christphe Rime vient de publier une methode (accompagnée d’un cd) au titre on ne peut plus explicite, qui permet d’apprendre et d’approfondir ses connaissances sur les gammes pentatoniques, et d’inventer ses propres plans. « Enfin un bouquin qui démontre l’étendue infinie de l’usage de la pentatonique. » dit Christophe Godin. Si c’est Godin qui le dit !
 
GUITAR XTREME - 01 08
RIME "Live" CD-DVD
Nocturne

Guitariste spontané et inventif, Christophe Rime nous délivre son premier live, après deux albums jazz et un troisième orienté blues. Pour ce concert évènement enregistré au Triptyque à Paris, Rime (guitare Ibanez en main) s''est entouré d''un sacré casting de musiciens : Roger Biwandu (batterie), Mike Clinton (basse), P.O. Govin (sax), Allen Hoist (chant, flute) et Claude Terranova (claviers). À mi-chemin entre le funk et le blues, les thèmes chaleureux et envoûtants du guitariste fougueux, transportent littéralement l''auditoire. Des titres comme "Venusian Tales" ou "When I get Young" sont à découvrir !
GUITAR PART- jan. 2008
CHRISTOPHE RIME  "Live !"
Why Note

Il est rare de voir des musiciens français s'aventurer dans le registre jazz-fusion. Christophe Rime a choisi d'en faire son parcours. Ce live, enregistré au triptyque l'année passée présente en CD et en DVD l'univers de son propre groupe dans ce registre très peu connu en France. C'est avec une grande maîtrise qu'il pose ses mélodies sur la métrique parfaite que donnent le batteur et le bassiste. Amis de la technicité vous serez ravis, tant au niveau du jeu de Christophe qu'aux slaps de basse et autres breaks de batterie. Les morceaux proposés ne sont pas qu'instrumentaux, Allen Hoist venant poser sa voix soul sur plusieurs titres comme la reprise de Robert Johnson qui tranche avec le reste de l'album.
Sylvain Berger
BATTEUR - jan. 2008
Christophe Rime - RIME "Live !"

Le guitariste Christophe Rime continue de nous envoyer régulièrement de sa planète rock blues des disques bien léchés. En octobre 2006, il enregistre un live au Triptyque à Paris. Comme sur ses précédents albums, le guitariste a su s'entourer. S'il est le principal soliste de son album, il faut compter aussi sur le soutien de l'excellent Roger Biwandu à la batterie qui marche sur les traces de Vinnie Colaiuta. À noter une plage bonus avec Paco Séry et un DVD d'une heure retraçant le concert.
Jean-Baptiste Perraudin
GUITARIST & BASS Mag- sep. 07 n206

Rime est un nom prédestiné pour produire une musique teintée de poésie. Mais pour réussir à poétiser avec des notes, mieux vaut posséder une excellente technique, doublée d'un solide savoir-faire. C'est seulement en associant les deux qu'on parvient à marier le blues au jazz, en les relevant au passage d'une bonne pincée de funk. C'est cette spécialité du chef que Christophe Rime nous sert sur son nouveau disque live. Et nous l'avons trouvée succulente. Attention, chaud devant !
Olivier Bride

Après avoir enregistré trois albums en studio, pourquoi sors-tu aujourd'hui un album live ?
C'était un besoin vital, car je trouvais que mes disques studio précédents ne reflétaient pas complètement la réalité de ma musique. le danger du studio, c'est de trop se concentrer sur l'aspect technique, de l'accentuer, au risque de finir par sonner un peu "plastique".

Tu veux dire que tu ne te sentais pas en accord, d'un point de vue artistique, avec tes disques précédents?
Disons qu'en les réécoutant, j'en retiens surtout le côté peaufiné, comme s'ils étaient de beaux objets, bien travaillés, mais auxquels on pourrait parfois reprocher un manque de vie. j'avais envie d'une forme plus brute, qui me manquait. J'avais besoin de faire quelque chose de moins brillant techniquement, mais avec cette sensation de jouer sans filet, pour ressentir un frisson. Et aussi de savoir si j'étais capable de le faire.

Dans ton live, on remarque tout de suite la grande qualité de ta section rythmique...
Merci. C'est la section qui joue avec Salif Keita. le batteur, Roger Biwandu, a aussi pas mal tourné avec Joe Zawinul J'ai beaucoup aimé jouer avec cette rythmique, qui sait maintenir un groove en restant jazz, tout en gardant une étroite connivence. Ils savent ne pas lâcher la grosse cavalerie dès qu'un solo commence, mais en restant très présents dés que ça chauffe.

Tu viens de parler de Zawinul, ce qui m'amène spontanément à une question : as-tu été influencé par l'école Weather Report dans tes compositions?
Oui c'est indéniable. J'ai tellement écouté ce groupe que je mentirais si je disais qu'il ne m'a pas influencé. Sur mon premier disque, j'ai même composé un morceau-hommage à Weather Report. Mais depuis, j'ai cherché à m'éloigner de cette manière de sonner. Après avoir gentiment réfléchi sur mon identité musicale, j'ai choisi de jouer vraiment la carte de la guitare, en me concentrant sur l'importance que je voulais lui donner. Cela m'a conduit naturellement à m'éloigner d'une musique qui serait trop proche de celle de Weather. D'autant plus que cette orientation a déjà été développée par des groupes français. Pour citer un exemple, dans mon titre "Vocoder", je pense qu'on retrouve beaucoup plus l'influence des Yellowjackets que celle de Weather Report. Pour mieux comprendre mon premier disque, il faut savoir qu'il contenait beaucoup de morceaux que j'avais écrits au départ pour le groupe Ultramarine - avec qui j'ai joué - et qui ne les a finalement jamais interprétés.

Pour décrire ta musique, est-ce que le mot "fusion" te convient ?
Oui, "fusion" est un terme qui me va très bien. D'autant que "jazz-rock", au cours de ces cinq dernières années, est devenu un genre connoté de façon très négative...
Il faut dire que la musique cataloguée comme de la "fusion" a aussi énormément changé. Dans les années 70, cette étiquette s'appliquait à des groupes tels que Return to Forever, qui mélangeait le jazz avec du rock. Aujourd'hui, on l'attribue à des formations comme les Red Hot Chili Peppers, qui font la jonction entre le funk et le rock...
C'est drôle que tu me parles des Red Hot... Car c'est un groupe qui m'a aussi beaucoup influencé. En fait, tu peux appeler ma musique comme tu en as envie. Mais ce qui est sûr, c'est que toutes les grilles de mes morceaux sont des grilles de blues.

Oui, cela s'entend. Cela explique également que tu reprennes le fameux blues de Robert Johnson, "Last Fair Deal"...
Oui, Robert Johnson fait partie de mes idoles. Je suis aussi fan de Big Bill Broonzy, même si je n'ai jamais utilisé sa technique de picking. Plus jeune, j'ai essayé de sonner comme lui, mais en gardant ma technique de médiator. Cette musique, alors qu'elle a été enregistrée entre les années 20 et 40, reste d'une modernité et d'une richesse harmonique délirantes.

Pendant les concerts, quand tu fais cette reprise, tu utilises une Line 6 Variax électro-acoustique. Quels avantages trouves-tu à cette guitare à modélisations ?
C'est un instrument ultra pratique à utiliser sur scène. Pour moi, son principal intérêt est qu'il te permet d'obtenir instantanément différents accordages en open tuning. En plus, son confort de jeu est proche de celui d'une guitare électrique. La Variax est légère et ne provoque aucun larsen. Mais j'aime aussi les Godin, qui ont leurs propres avantages.

Dans ton DVD, tu joues sur une Ibanez avec laquelle tu utilises souvent le vibrato à main. Tu te considères comme un guitariste "à Floyd Rose" ?
Oui, définitivement. Je suis frustré si je ne l'ai pas. Mon modèle est une Sabre Prestige, équipée d'un vibrato très souple. Je l'utilise dans les deux sens, pour tendre ou détendre les cordes. J'aime beaucoup l'attaque douce qu'autorise le vibrato â main. Il te permet de te rapprocher du saxophone ou de la voix.

Tu utilises quel tirant ?
J'ai longtemps joué en 9-46, mais je viens juste de me mettre au 10-46. Je trouve que ça améliore beaucoup les plans en sweeping.

Ta musique pourrait se contenter d'étre exclusivement instrumentale. Pourtant, tu joues avec un chanteur. C'est assez rare dans ce style, non ?
Je te dirais que ça s'explique par une raison très simple : au départ, mes compositions sont principalement des chansons. J'en ai toujours écrit. Sur mes précédents disques, j'ai transformé mes chansons en instrumentaux. Et dans mon live, certaines de mes chansons sont juste revenues à leur forme originelle.
LE PELERIN -Sep 2005
Arrangeur de musiques
Christophe Rime

Lorsqu'un chanteur veut enrichir une mélodie dépouillée, écrite pour un seul instrument, il fait appel aux qualités d'arrangement d'un musicien professionnel, tel que Christophe Rime. Qu'est-ce qui différencie un enfant simplement mélomane de celui qui deviendra musicien professionnel ? « La motivation, répond Christophe Rime. Ou le défi qu'à l'adolescence, mon frère et moi, nous nous sommes lancés, pour savoir lequel de nous deux jouait le mieux. C'est lui qui m'a poussé à travailler ma guitare douze à quinze heures par week-end et cela pendant trois ou quatre ans.» Devenu musicien confirmé à,7 ans, Christophe Rime côtoie les meilleurs artistes du moment. Et écume à leurs côtés les clubs de jazz parisiens, comme Le petit journal Montpamasse. C'est seulement depuis une quinzaine d'années que le guitariste exerce ses talents d'arrangeur. « Par exemple, à partir d'un thème musical simple, un producteur me demande de l'enrichir de plusieurs instruments. Il arrive aussi que pour un documentaire diffusé à la télévision,

le réalisateur souhaite que je compose la musique à la manière d'un artiste qu'il aime. La difficulté est de coller aux images. D'autant que s'il retravaille son film je dois ajouter quelques minutes de musique ici, en ôter quelques secondes là... » Pour une série dont chaque épisode entraînait les spectateurs dans un pays différent, Christophe Rime a dû adapter un même thème musical à la culture du pays dans lequel s'arrêtait l'héroïne. Il est aussi le compositeur et l'arrangeur de musiques de jeux vidéo, de génériques d'émissions de radio... « L'intérêt réside dans la diversité des projets, dit-il. Quand un producteur fait appel à un arrangeur, celui-ci doit mettre sa sensibilité au service d'une idée qui ne lui appartient pas. Une démarche passionnante.» Sa casquette d'arrangeur permet à Christophe Rime de mener en parallèle une carrière de compositeur. Il prépare pour octobre un album de blues, avec des instruments africains remontant aux racines du jazz. Et dirige, depuis un an, le Centre de musiques actuelles de Valenciennes.

MARIE-EVE GUALBERT
GUITARIST - nov. 2007
RIME "Live"  (Why Note / Nocturne)

Qui es-tu Rime ? La question mérite d'être posée tant cet artiste multiplie les casquettes : artiste confirmé, sideman réputé, directeur du CMA de Valenciennes, compositeur et arrangeur de musiques de jeux vidéo, de films, de pubs et de documentaires, Rime est synonyme d'éclectisme. Une rime à anti-déprime, à l'image de ce superbe CD/DVD "Live" qui montre toute l'étendue de son talent. Virtuose certes, guitare-héros bavard, certainement pas ! Rime prend le temps de descendre les notes. de décliner ses nombreux thèmes, de laisser respirer les mélodies, de rythmer ses propos... l'enseignement du yogi guitariste qui écoute les battements de son coeur et suit les déhanchés de son bassin. L'harmonie encore dans le jeu funk de ce grand fan de Nile Rodgers, qui oscille entre sobriété et attaques incisives, fait parler le groove en quelques notes. Et puis, Rime rame à contre-courant : fusion, jazz funk, "bluefunk", blues du Delta — du deltaplane plutôt tant sa musique est aérienne —, le guitariste se joue des chapelles et débarque dans les églises une Ibanez à la main. Et avec lui, ça danse durant l'office: qu'il s'agisse du groovy "Wild Girl", de la superbe reprise acoustique de Robert Johnson "Last Fair Deal", des envolées de "Heavy Loud Funk Menuet" ou des planants "Venusian Tales"... pas facile de garder son calme durant le prêche du guitariste. Epaulé par une section rythmique de choc, Rime ne verse jamais dans les sermons jazz, Il se raconte, simplement et admirablement bien, avec ses notes, ses propres mots. Et autant de jolies rimes.

Ben
BATTEUR MAG - janvier 2006

RIME "BLUES BLACK HOME"

Christophe Rime a une double casquette : d’une part il est directeur du CMA de Valenciennes, une école très active, et d’autre part il est aussi guitariste ! « Blues Black Home » est son troisième opus, succédant à « RIME » et « Heavy loud funk menuet ». Christophe Rime s’exprime dans une veine blues-funk bien sentie ! Ses compositions et les reprises se mêlent sans heurts et donnent à l’album une belle homogénéité. Si l’album est bel et bien celui d’un guitariste, il n’en reste pas moins que certains invités se distinguent : Stéphane Belmondo notamment ou Pierre-Olivier Govin. Cependant, Rime accorde aussi un soin tout particulier au choix de sa rythmique. Si dans les précédents albums on a pu voir figurer Mokthar et Paco Sery, c’est ici les piliers du groupe Chic Hot qui tiennent le groove : Etienne M’Bappé et Roger Biwandu ! Le jeu du batteur est sobre mais terriblement efficace.
Un bon disque qui tient la route !

Jean-Baptiste Perraudin
GUITARIST - jan. 2006

CHRISTOPHE RIME
"Blues Black Home"  (Charlotte Production)

Blues ou Funk ? Funk ou Blues ? Assurément, entre les deux, le cœur de Rime balance. Il balance extrêmement bien d’ailleurs juste comme il faut, avec beaucoup de goût et une grosse énergie communicative. Tant mieux que Rime ne se limite pas à un style ; cela nous donne l’occasion d’écouter un disque riche, aux sonorités chaudes et précises, coulées dans la masse de grooves variés, distillés en finesse. Au fil de l’album, on retrouve avec plaisir la basse turbo d’Etienne Mbappé, qui propulse à la perfection la guitare de son leader  (« Wild Girl », « Last Fair Deal »), ainsi que la trompette « à la  Miles » de Stéphane Belmondo (« Birdy Niam Miam »), toujours aussi affûté. Les interventions de Djeli Mossa Diawara à la kora épicent juste à point la guitare de Christophe Rime, rappelant discrètement les origines africaines du blues (« Walk On ») et du jazz (« What a Wonderful World »). En évitant l’écueil des chorus poudre aux yeux, pompeusement démonstratifs, Christophe Rime nous livre un disque où la guitare brille sans fard (ça rime !).

Olivier Bride
GUITARIST ACOUSTIC
Christophe RIME
Blues Black Home  (Night & Day)
Après avoir consacré ses deux premiers albums au Jazz fusion, Christophe Rime, fan de Robert Johnson et de Big Bill Bronzy, revient au blues, son premier amour, le Blues du sud des Etats-Unis, de l’Afrique. Finis les effets, le Blues est bien là, brut mais aussi sensible grâce à l’apport de Moussa Diawara (Kora) ou de Stéphane Belmondo. Christophe affiche aussi clairement ses talents d’arrangeur aux travers de standards qui rendent hommage à des noms aussi prestigieux que Ray Charles ou Louis Armstrong. Ne pas oublier l’apport de tous ceux qui ont apporté leur pierre au projet, le bassiste Etienne M’Bappé, Pierre Olivier Govin, Roger Biwandu, Georges Seba et Claude Terranova. Blues Black Home a reçu les honneurs du cinéma en étant choisi pour la bande originale du film « Frankie » de F. Berthaud avec Diane Krueger et Carole Laure, qui sera dans toutes les salles en janvier 2006.
L'observateur du Valenciennois - Sep 2005
Rencontre avec Christophe Rime, directeur du CMA
Rime and blues

A la tête du centre de musiques actuelles depuis septembre 2004, Christophe Rime
s'est donné pour objectif de lui redonner une image et une renommée.

La prochaine rentrée du Centre des musiques actuelles de Valenciennes ne ressemblera pas aux autres. Le cursus professionnel s'étalera désormais sur deux ans (avec la création d'une seconde année d'«excellence»), de nombreux cours feront leur apparition dans le planning (théâtre, anglais, improvisation ou management de structures culturelles) et une classe d'éveil musical ouvrira ses portes à l'attention des petits. De nouvelles orientations décidées par l'ensemble de l'équipe pédagogique mais impulsées par Christophe Rime, arrivé à la tête du CMA en septembre dernier. «Les cours qui étaient donnés entre 1996 et 1999 n'ont jamais été actualisés. Le CMA avait un fonctionnement trop associatif et pas assez "école", tout n'était pas franchement justifié», se souvient-il. Pour ce musicien parisien, se retrouver à la direction d'une telle association est une première. «Dans la musique, tout le monde est au même niveau, les relations sont beaucoup plus sévères. Celui qui ne convient pas ne reste pas longtemps, confie-t-il. Alors qu'ici, la hiérarchie impose des intermédiaires entre les personnes, c'est rigolo ... » Et ce dernier de prendre son téléphone et de «faire semblant» de parler à la secrétaire du CMA comme un directeur ...
Rêve

A peu de choses près, impossible de le différencier d'un quelconque élève dans un couloir. Crâne rasé, casquette visée et gilet tombant, le look d'étudiant lui sied à merveille. A quarante ans, Christophe Rime a réussi à concrétiser le projet que tous les élèves ont en franchissant les portes du CMA. «Ils rêvent tous de devenir musicien professionnel mais ie sais qu'un peu plus de la moitié seulement arrivera à se trou-ver une place dans la musique.»
Et pour avoir commencé la musique à l'âge de seize ans (cf. encadré), Christophe Rime sait de quoi il parle. «En plus le l'enseignement musical, je veux leur inculquer un certain bagage culturel, un développement le l'esprit général». Le rôle du CMA consiste donc à trouver le juste milieu entre les techniques musicales à transmettre et celles de la créativité.
Et le plaisir de jouer dans tout ça ? «C'est un milieu qui, financièrement parlant, n'est pas évident alors si il n'y a pas de plaisir ...» affirme-t-il.
Autre mission qu'a endossée Christophe Rime, renouer les indispensables liens avec les acteurs culturels de la région, des salles de spectacles à la SACEM en passant par les loueurs de matériel. «Le nom recommence à circuler dans le bon sens».
Dernier exemple en date, la présence, à Lille, au dernier salon de l'étudiant, d'un stand tenu par les élèves du CMA. Les élèves du centre ont pu jouer lors du cocktail d'inauguration et ont eu l'honneur de serrer la main d'un certain Jack Lang ravi de leur prestation. Jadis troisième meilleure école de musique de France, le CMA compte bien remonter à nouveau sur le podium «et pourquoi pas devenir la première école?» D'ici trois ans, le directeur du CMA table sur une centaine d'élèves pour le cursus professionnel et 400 pour le cursus loisirs. Une évolution qui devra passer pour le directeur «par quelques embauches et une baisse des prix des inscriptions»
Alors Christophe Rime, le bon choix pour le CMA ? L'avenir de la structure le dira mais ses qualités humaines et musicales ne font aucun doute. Le nouveau directeur du CMA est la preuve vivante qu'une carrière prestigieuse et des responsabilités n'empêchent ni l'humilité ni l'humour. Ou encore que l'on peut être spécialiste des musiques assistées par ordinateur tout en galérant, comme le premier quidam venu, pour imprimer un CV. Mais c'est une autre histoire ...

GEOFFREY SEBILLE.
La Voix du Nord - 01/05
Le CMA au diapason

Au CMA, les artistes amateurs et ceux qui souhaitent se professionnaliser ont leur place.

Christophe Rime, musicien au parcours artistique très riche, a repris les rênes du centre de formation valenciennois. Pour ce Parisien d’origine, diriger le CMA représentait un intérêt particulier : « J’avais besoin de changement, de faire partie d’une structure. Ce poste était pour moi une super opportunité » . Les idées, les projets, tout fourmille dans la tête de Christophe, guidé par son amour pour la musique : « Je travaille beaucoup, mais c’est une passion ». Cette passion, il souhaite de plus en plus qu’elle devienne le maître mot des formations proposées par le CMA. Car quand un élève est motivé par ce qu’il fait, il se donne à fond et fait de grands progrès.
Délivré sur un an le diplôme devrait prochainement s’étaler sur deux ans. Il souhaite aussi faire intervenir de grosses vedettes aux « masterclasses », en collaboration avec le Phenix et le conservatoire. Pour la rentrée 2005-2006, l’objectif est de rendre l’équipe de professeurs davantage cohérente, afin d’améliorer encore plus la qualité de l’enseignement. Même si les 17 professeurs présents au CMA le comblent déjà : « Ils sont tous très compétents ». L’avenir du CMA semble assuré.

Tiphaine Riblier
KR HOME STUDIO n° 271
CHRIS RIME « TV ORCHESTRA »

Musicien talentueux, Chris RIME officie depuis de nombreuses années comme guitariste contributeur à de nombreux projets discographiques. Passé à la Berklee College of Music américaine, il dispose d’un important carnet d’adresses comme le prouve ce cinquième album arrivé sur notre bureau.
Pour ce nouvel album, TV Orchestra, Chris a pris comme fil conducteur les musiques de séries anglo-saxonnes réarrangées pour l’occasion.
Un savant délice, à redécouvrir avec de nombreux invités : Mission impossible, Amicalement vôtre, Chapeau melon et bottes de cuir…Sur cet album Chris s’est fait plaisir en invitant quelques pointures dont Marcus Miller, Pierre-Olivier Govin, Roger Biwandu…Au final un excellent album superbement produit et très original.

Valérie Dupretz et Thierry Demougin
Batteur Magazine n° 256
CHRIS RIME « TV ORCHESTRA »

Voici mars, et voilà « TV Orchestra », cinquième album de Chris Rime sous son nom, l’avant-dernier étant un Live. Ici le guitariste-compositeur-arrangeur-pédagogue propose une relecture des thèmes des séries anglo-saxonnes des années 60 et 70, comme toujours bien entouré, condamnez Mikey, heu, jugez plutôt : Roger Biwandu (batterie et percus), Michel Alibo (basse) ; Lionel Fortin (claviers), Jérémie Ternoy (piano, Rohdes), Allen Hoist (flute, voix), Pierre-Olivier Govin (sax), Antoine Illouz (trompette), Jean-Claude Onesta (trombone), et, invité, sur un titre, Marcus Miller (oui à la basse, pas au Kazoo).

L’exercice est réussi : harmoniquement et surtout rythmiquement triturés, les génériques légendaires revivent, sous la houlette d’une rythmique imparable et de solistes inspirés, à tel point qu’on est tenté de dire que ces mélodies immortelles commencent une nouvelle vie !

Thierry « Fantobasse » Menu
Laguitare.com Mars 2012 CHRIS RIME « TV Orchestra »

Extra-terrestre de la guitare, Chris Rime nous invite, à travers son dernier album, à revisiter des musiques de séries américaines. Quand on voit la liste des musiciens qui ont accompagné Chris dans cette aventure, on ne peut s'attendre qu'à une perle du genre. Et c'est le cas !
Qui n’a pas fredonné un jour la musique de Magnum, de Mission impossible ou de Chapeau melon et bottes de cuir ? Les thèmes des séries anglo-saxonnes des années 60 et 70 sont désormais de grands classiques que personne ne peut ignorer. D’ailleurs ils sont tous les œuvres de compositeurs talentueux et reconnus dans le monde entier : Lalo Shiffrin, Patrick Williams, Laurie Johnson, Henri Mancini, John Barry. Chris Rime, guitariste virtuose et arrangeur de talent, a décidé de leur offrir une seconde jeunesse dans son nouvel album intitulé TV Orchestra.
Pour cela, il s’est entouré d’une équipe infernale qui apporte au projet une énergie communicative. On ne pouvait rêver meilleurs bassistes : Marcus Miller et Michel Alibo, ni meilleur batteur : Roger Biwandu (Joe Zawinul, Salif Keita, etc.). Se sont joints à cette rythmique d’acier d’autres musiciens tout aussi talentueux : Lionel Fortin (keyboards), Pierre-Olivier Govin (sax soprano et baryton), Allen Hoist (vocal/rap, flute), Antoine Illouz (trompette), Jérémie Ternoy (piano).
Dans ce cinquième album, Rime a su combiner l’élégante patine des vieux meubles à la modernité de ses arrangements. Le résultat : un CD incontournable qui nous rappelle de bons souvenirs et nous offre, en bonus, un son nouveau. D’album en album, cela se précise, on peut désormais appeler cela le Son Rime puisqu’on reconnaît systématiquement la trace de sa patte magique sur chaque morceau qu’il a su transformer avec finesse et musicalité sans pour autant lui faire perdre son âme, ni son essence initiale."

Jacques Carbonneaux
LES ALLUMES DU JAZZ - 01/05
"Heavy Loud Funk Menuet" - RIME
Christophe Rime (guit), Paco Sery (dr), Linley Marthe (bass), Michel Benita (upright bs), Laurent De Wilde (Rhodes), Pierre-Olivier Govin (sax), Mario Canonge (Keys), Béatrice Puyssegrin (viol), Jean-Luc Pino (viol), Audren (textes vénusien), Tchang (guit)

Une rythmique robuste et vigoureuse saupoudrée d'une douce folie lyrique. C'est ainsi que Rime décrit son nouvel album. Rime est un guitariste chaleureux et spontané. Son jeu intense et énergique, ses compositions complexes, mais évidentes de musicalité, nous dévoilent rapidement ses influences musicales : Wes Mongomery, Van Hallen ou encore Herbie Hancock. A l'abri des ambiances musicales austères et aseptisées de notre siècle, Rime invente un électro-Jazz à l'ancienne.
Dernières Nouvelles d'Alsace - 01/05
Christophe Rime

Malgré son appellation singulière , « Heavy Loud Funk Menuet » que nous livre Christophe Rime ne cherche pas à bousculer les repères. Les pages qu'enchaîne ce brillant guitariste, épaulé par des valeurs sûres comme Paco Sery (drums), Mario Canonge et Laurent De Wilde (claviers), sonnent parfois comme une relecture (enrichie) des fringantes années du courant jazz-rock. Les compositions (souvent dopées aux sonorités actuelles) en retrouvent la nervosité originelle et la vigueur funky. Mais Rime souffle le chaud et le froid. Il nous embarque aussi vers des paysages plus lisses, ironiques à l'occasion (« Two little mermaids », petit clin d'oeil à Herbie Hancock ?) et même poétiques (« Oldies » façonné laid back). Parsemé en outre de quelques savantes constructions rythmiques, ce « Heavy loud funk menuet » n'en perd pas pour autant sa réjouissante spontanéité. Christophe Rime confirme son savoir-faire en matière de cuisine sonore. (Night & Day)

Fr. B.
JAZZ HOT 04-2003
Rime "Heavy Loud Funk Menuet"

Christophe Rime (g, b), Paco Sery (dm), Linley Marthe, Michel Benita (b), Laurent de Wilde (Rhodes), Mario Canonge (k), Pierre-Olivier Govin (sax), Tchang (g), Béatrice Puyssegrin, Jean-Luc Pino (vln), Audren (voc) Enregistré en Belgique Durée : 50’ 55’’ Charlotte Records 216 (Night & Day)

Parcours pour le moins atypique que celui du guitariste Christophe Rime. Habitué des clubs de jazz parisiens dès l’adolescence, diplômé de Berklee à peine plus tard, requin de studio aux Etats-Unis et en France, il signe des musiques pour le cinéma, la télévision et même, mais oui, des jeux vidéo à succès. Et les albums dans tout ça ? Nous y voilà. Après Rime, sorti en 1995, le Rime nouveau est (enfin) arrivé. Pour Heavy Loud Funk Menuet, il aura fallu au guitariste le temps nécessaire pour composer (les dix titres) mais aussi pour aller quérir les meilleurs partenaires qui se puissent trouver. Si le saxophoniste Pierre-Olivier Govin était déjà de la partie il y a huit ans, les « nouveaux », Laurent De Wilde et Mario Canonge (k), Paco Sery (dm), Linley Marthe et Michel Benita (b), ne pouvaient être franchement dépaysés par le jazz-rock funky de Christophe Rime. Car le punch guitaristique est là, qui sous-tend les thèmes en quelques pêches bien senties et peu de notes (rendues avec d’autant plus de force par les unissons guitare-sax ou guitare-Rhodes). L’intelligence de la composition est davantage tournée vers le collectif que vers la performance individuelle. Et on est d’autant moins dans la démonstration que, d’une part, le gros des titres tourne entre 4 et 5 minutes, et que d’autre part le guitariste reste plutôt en retrait, y compris en solo. A l’exception logique toutefois de « My Wes », hommage explicite où le gros son jazz est de circonstance. Dans notre série « y’en a un peu plus, je vous le mets ? », Christophe Rime va même jusqu’à pratiquer dans le titre suivant le fameux jeu en octaves mis au point par Wes Montgomery. Dans le même morceau, ses fulminations à la Hendrix témoignent de l’éclectisme des influences. Celles-ci s’étendent d’ailleurs au folk (une bonne grosse « jumbo » acoustique pour un magnifique duo avec contrebasse) et… au « menuet » (dans le thème- titre mais chut !..c’est une surprise). Ajoutons à cela Laurent de Wilde au Rhodes, la basse ronde et funky à la fois de Linley Marthe (qui dans la veine Pastorius fait merveille dans « Rime ») et l’inébranlable Paco Sery. Il n’en fallait guère plus pour que le groove s’installe, rappelant par instants le Quincy Jones de l’époque Thriller. Le disque, c’est dommage, ne s’achève pas aussi fort qu’il ne démarre. Quasi- indispensable donc.
Thomas Marcuola
L'ombre du Zèbre - 12/2004
Voyage au Centre des Musiques Actuelles

Christophe Rime dirige depuis septembre dernier le Centre des Musiques Actuelles de Valenciennes. Son parcours artistique est riche. Formé au prestigieux Berklee College of Music de Boston, il a collaboré en tant que guitariste avec de nombreux artistes. Il est également compositeur notamment pour la télévision, la publicité et les jeux vidéo. Il travaille actuellement sur son prochain album, plus blues et plus acoustique que les précédents, qui s'inscrivaient dans une lignée jazz-fusion.

-Comment êtes-vous arrivé au CMA ?
-J'ai été professeur, la pédagogie m'intéresse, j'ai géré une société de production musicale et j'ai l'habitude de diriger des équipes, mon parcours musical me semble assez complet : pour toutes ces raisons, le poste de directeur du CMA a semblé me correspondre.
Pour ne pas perdre le plaisir d'enseigner, j'interviendrai ponctuellement en tant que formateur au CMA dans le cadre de trois journées de masterclass sur l'improvisation, la composition de musique à l'image et la production de projets en studio. J'ai toujours fait de la musique parce que j'étais passionné et je veux que l'on fasse la même chose au CMA, que l'on arrive à transmettre et à accompagner cette passion indispensable pour réussir. Je crois par ailleurs que pour bien préparer les élèves à la vie professionnelle, il faut leur donner une formation plus large et plus complète. Il faut avoir plusieurs cordes à son arc, une bonne culture musicale, une bonne pratique instrumentale, la maîtrise du multimédia et je crois que le secteur de la musique à l'image est un domaine important à ne pas négliger.
-Quel est votre projet pour le CMA ?
-Le CMA sort d'une situation difficile. Il n'y a pas de direction depuis 3 ans et plus d'objectifs depuis un an et demi. Il y a donc un manque d'idées et de sang neuf. Mon envie, c'est de faire du CMA une école plus « sérieuse » en termes de cursus. La formation en neuf mois me semble trop courte pour acquérir un bagage suffisant. Mon premier objectif est donc de transformer le cursus professionnel pour le développer sur deux ans avec, pourquoi pas, à terme une troisième année de spécialisation. La difficulté du moment, c'est de convaincre les financeurs de la formation professionnelle de reconnaître ce nouveau cursus sur deux ans qui supposerait de délivrer deux diplômes, l'un pour la première année, l'autre pour la deuxième. Mon deuxième objectif est de faire venir des intervenants de haut niveau pour compléter les formations. Je souhaite enfin former de vrais professionnels, disposant d'une formation complète, notamment en introduisant des masterclasses « music business » sur les questions administratives, juridiques, droit d'auteurs...

-En quoi consiste votre projet pédagogique ?
-Nous avons aujourd'hui une équipe pédagogique composé de 17 professeurs très compétents et de nombreux intervenants extérieurs. Le CMA propose un « cursus professionnel » et « un cursus loisir ». Le cursus professionnel est articulé autour de l'harmonie, quel que soit l'instrument pratiqué, mais comprend aussi des cours de culture musicale (du grégorien à nos jours), d'initiation au piano (pour les pianistes, nous proposons une initiation à un autre instrument) la MAO et le travail sur le son et l'acoustique. Il y a ensuite les cours d'instruments, et les ateliers par style de musique. Ce cursus est validé (aujourd'hui au bout d'un an) par un diplôme du CMA. Ce diplôme rassure les élèves, mais n'est pas reconnu officielle-ment car aucune école de musiques actuelles ne délivre de diplôme homologué. Les diplômes ne servent à rien pour faire une carrière de musicien, mais la non reconnaissance du diplôme du CMA nous empêche d'obtenir certaines subventions. Les étudiants sont admis au cursus professionnel sur audition. Ils doivent avoir un bon niveau de pratique instrumentale (de l'ordre de 5 ans) et savoir lire la musique. Mais les dossiers sont étudiés au cas par cas. Il y a aujourd'hui une cinquantaine d'élèves dans ce cursus. L'objectif à terme est de travailler sur deux sessions de 70 élèves par niveau (1ére et 2ème année).
Le cursus loisir compte lui une centaine d'élèves dont la plupart sont chanteurs ou guitaristes. Il comporte une demi-heure de cours individuel d'instrument par semaine, pour le chant nous proposons également des cours collectifs à sept ou huit. C'est le phénomène Star'Ac qui a développé cette demande de pratique en groupe. Il existe également des stages de MAO.

-Que pensez-vous plus globalement des musiques actuelles dans les écoles de musique ?
-On peut d'abord constater qu'elles sont très peu présentes même si l'ouverture de nouvelles classes de musiques actuelles a permis à certains conservatoires de récupérer une clientèle qui n'allait plus chez eux et qui se désintéressait de leurs offres. C'est particulièrement vrai pour la guitare. Je crois qu'il y a souvent un décalage entre le monde musical que l'on essaye d'imposer aux élèves et celui dans lequel ils évoluent. Si les conservatoires s'entourent de musiciens de jazz de qualité, la démarche est louable, je ne suis pas certain que le service public puisse proposer un service durable et de qualité par exemple dans le domaine de la MAO ou les technologies et les matériels changent très vite. Concernant l'aspect purement pédagogique, je ne crois pas qu'il y ait de différences significatives entre l'enseignement des musiques dites « classiques » et des musiques dites « actuelles ». Je dirais que le CMA a de ce point de vue une approche assez académique pour les contenus de ses cours.

-Comment envisagez-vous votre rapports avec les autres structures musicales de Valenciennes ?
-Les relations avec l'École Nationale de Musique sont excellentes. Nous avons décidé de créer un orchestre en commun de rhythm' n' blues avec 12 cuivres et une section rythmique, basse, batterie, piano, chant... Par ailleurs, nos élèves dont l'instrument n'est pas enseigné au CMA (saxophone, violon...) prennent leur cours d' instrument à l'E N M de Valenciennes. Nous travaillons ainsi la main dans la main.
Nous avons également mis en place un partenariat avec la Scène Nationale du Phoenix. Il s'agit de collaborations autour de la venue d'artistes comme, cette année, Art Mengo ou TootsThielemans. Nos élèves auront la chance de rencontrer ces artistes. Des masterclasses animés par les artistes invités seront mises en place.
JAZZMAN Juin 2003 (n306)

CHRISTOPHE RIME
HEAVY LOUD FUNK MENUET ***

Surtout connu pour son travail d'illustrateur sonore (il a réalisé les musiques de plusieurs jeux vidéo et des génériques télé), le guitariste Christophe Rime signe aujourd'hui son deuxième album sous son nom, à la tête d'une formation éclectique comprenant entre autres, Paco Sery à la batterie, Laurent De Wilde et Mario Canonge aux claviers et au Rhodes, Pierre-Olivier Govin au saxophone, Linley Marthe à la basse ou encore Michel Benita à la contrebasse. Composés et arrangés de sa main, les dix titres s'inscrivent dans un registre fusion, avec une filiation évidente aux productions des Brecker Brothers : un Jazz-funk électrique enlevé, relevé de chorus nerveux aux accents souvent rock. Les thèmes, soignés mais légers, n'apportent rien de nouveau au genre, mais l'ensemble, sans prétention, baigne dans une bonne humeur communicative. Une réalisation sympathique, à défaut d'être innovante.

Felix Marciano
LaGuitare.com - Dec. 2000
La guitare dans les jeux vidéo
Christophe Rime est le compositeur de plusieurs musiques de jeux vidéo ,entre autre "Motoracer 2", "Dark stone" , et plus récemment "Motoracer World tour". Il nous explique comment il voit l'utilisation de la guitare dans les musiques de jeux, et nous livre quelques secrets de fabrication .

- Tout d'abord racontes nous comment tu en es venu a composer des musiques de jeux ?
Paul Cuisset , créateur de jeux à Delphine Software recherchait quelqu'un pour faire une musique axée Hard et centrée autour de la guitare pour le jeu "Motoracer 2". On a fait un essai qui s'est avéré concluant, et depuis l'aventure continue.

- Quel matériel utilises tu ?
J'utilise plusieurs types de guitares, en essayant toutes fois, de prendre toujours la guitare la plus adaptée à la musique. J'ai deux Ibanez FG prestige avec des kits de micros différents, une Steinberger avec un kit EMG, une Takamine que j'enregistre toujours avec un micro devant, une classique et une Georges Benson, dans les cas plus rares ou j'ai à jouer Jazz .
Au niveau du préampli j'ai un Pod pro de Line 6 qui me permet de retraiter, tout en numérique, des guitares qui ont déjà été enregistrées . Il m'arrive même de temps en temps de m'en servir pour des voix ou des loops de drums .

- As tu des impératifs à respecter ?
Dans les jeux de courses tels que Motoracer, on m'impose des contraintes de longueur, de genre et éventuellement de tempo. Dans les jeux de rôles la musique est plus proche de la musique de films. La différence c'est que l'on peut envoyer tel ou tel morceau selon l'agressivité du joueur.

- On remarque la présence de chansons dans les jeux dont tu composes la musique, est ce pour toi un élément nécessaire ?
Oui, je pense que cela rajoute de la vie à un ensemble qui est à la base extrêmement synthétique. Donc depuis le début je m'efforce d'employer de vrais musiciens et des chanteurs. Dans "Dark stone" Audren avait chanté un titre qui a même donné la vie à un single "The Dark stone will shine" (sony) et a un clip, et dans "Motoracer World tour" c'est Luc Van Acker (ex Ministry,Won ton ton) qui chante trois morceaux. Il est d'ailleurs question que l'on fasse un album ensemble début 2001.

- Comment perçois tu la guitare dans les jeux ?
Dans un jeu comme Motoracer, le choix des guitares et de leur son s'impose tout seul : guitares saturées, riffs saturés, longs plans en tapping, riffs saturés en loop. Au moment de la composition je vérifie souvent que la musique fonctionne avec des bruits de motos, cela m'a permis de remarquer que, en son saturé, les micros passifs ressortent mieux que les micros actifs quand on les mélange avec des sons de motos . Sinon d'une manière plus générale j'essaye de me servir de guitares acoustiques pour mettre de l'air dans certains morceaux qui manquent de largeur et de vie.

- Tu as réalisé ton premier album solo ("RIME" NightandDay) en 1995, où en sont tes projets personnels aujourd'hui ?
Justement, je suis en cours de préparation de mon prochain album, dans l'effervescence du choix des morceaux et des musiciens qui y participeront.

Propos recueillis par Claude Lem pour Laguitare.com
Keyboards N°136 oct.99
Compositeur et arrangeur de musiques de jeux vidéo; comme "Moto Racer II" ou encore le tout récent "Dark Stone" de Delphine Software, Christophe Rime nous dévoile quelques-unes des facettes du métier et nous parle de son approche de la musique.

Peux-tu , en deux mots, nous résumer ton parcour de musicien et nous expliquer comment tu en es venu à composer pour les jeux vidéo ?
J'ai débuté très tôt par la batterie, et vers l'âge de 10 ans, je suis passé à la guitare. Un peu plus tard,j'ai écumé les scène, des clubs parisiens, puis vers 1982, ce fut le départ pour les Etats-Unis, au Berklee College de Boston. A mon retour, j'ai fait de nombreuses séances et monté un groupe avec Nguyen Lè, Stéphane Huchard et Dominique Di Piazza. En 1995, mon premier album solo; "Rime", est sorti dans les bacs. J'ai débarqué dans l'univers des jeux par l'intermédiaire de Paul Cuisset, créateur de nombreux titres, qui m'a proposé de travailler sur la bande-son de "Moto Racer II". Après un essai... concluant, les gens de chez Delphine, qui n'hésitent pas à travailler avec des musiciens n' ayant pas spécialement de références dans le domaine, ont décidé de me faire confiance.

Comment se passe la collaboration avec les développeurs des jeux ?
La plupart d'entre eux ont des idées très précises de ce qu'ils souhaitent avoir comme musique. Mais ils ne saventpas toujours les exprimer clairement dans un langage de musicien. Cela oblige à soumettre soi-même beaucoup d' idées de manière à définir l'orientation musicale de départ. Parfois, nous arrivons à capter immédiatement ce que souhaite le concepteur du jeu. Ce fut le cas pour "Moto Racer II", car Paul Cuisset étant lui-même musicien, il pouvait m' expliquer avec précision ce qu'il souhaitait.

Comment abordes-tu la composition pour les jeu vidéo ?
Tout dépend du type de produit sur lequel travaille. Pour " MotoRacer II " , j'avais essentiellement un impératif de minutage. Je me suis régalé en proposant du bard rock... En revanche, sur le jeu de rôles "DarkStone", j'ai composé la musique à partir d'un story board, presque séquence par séquence. Cela s'apparentait plus à de la musique de film. D'ailleurs, la démarche dans la composition n'en est pas si eloignée , même s'il y a peut-être moins d'exigences pour les jeux que pour le cinéma. Le compositeur jouit d'une plus grande liberté, hormis pour les scènes cinématiques qui, elles. répondent à des critères de durée bien précis On travaille d'avantage sur une ambiance ou une atmosphère à illustrer ou à renforcer. La flexibilité est moindre dans le cinéma, car il y a une unité de temps, de lieu et de durée à respecter impérativement.

Quels conseils peux-tu donner à un musicien qui se lance dans lacomposition pour les jeux vidéo ?
En premier lieu d'être exigeant avec lui-même, de soigner sa production ainsi que la qualité des sons qu'il utilise. D'autre part, avoir une approche classique de la composition. Si on travaille sur un set d'orchestre, par exemple, prendre soin de composer chaque ligne instrumentale séparément et ne pas commettre l'erreur .de poser simplement des accords en rajoutant une mélodie ensuite. Il faut garder son identité musicale et ne pas se laisser influencer par ce qui se fait déjà. Dans la mesure du possible, je m'efforce de prendre à contre-pied les nombreux clichés musicaux pour les soue de suspense notamment. Enfin, garder toutes les prises. car la premiére s'avère être souvent la meilleure

propos recueillis par Eric Bourgoin
Studio Multimédia juillet 99
CHRISTOPHE RIME AVEC LE SON DES JEUX VIDEO

Christophe Rime est guitariste et compositeur mais c'est avec la batterie et dans des sous-sols "compatissants" Studiommqu'il découvre la musique. En 1982 Christophe part étudier la musique à l'Académie de Berklee à Boston aux USA. De retour en France, il participé à de nombreuses séances et co-signe un single pour Audren, sa compagne dans la vie, avant d'entamer la réalisation de son premier album solo. Aujourd'hui les projets bousculent le planning de ce musicien dont le comportement réservé contraste avec la dynamique de ses oeuvres. Au gré des projets et de l'humeur, Christophe Rime travaille sur Mac, PC et exploite les ressources et spécificités de logiciels tels que Cubase VST, Digital Performer et SoundForge.
Studio Multimédia : question bateau, tu utilises quel matériel d'aide à la composition ?
Christophe Rime : après le duo Atari/Cubase, je suis passé sur PC avec Cakewalk 6.x. J'ai immédiatement apprécié l'aspect intuitif de ce logiciel. II permet de réaliser spontanément des maquettes. Le cheminement et la sauvegarde des fichiers audio sont transparents (Control S). Cokewalk est idéal pour les guitaristes mais la version 6.0 que j'utilisais était moins attrayante du point de vue de l'arrangeur. J'avais systématiquement un clic au début et enfin de chaque enregistrement audio. J'ai soupçonné un conflit entre la carte audio Fidji de Turtle Beach et le logiciel mais toutes mes démarches et recherches ne m'ont pas permis de solutionner ce problème. II faut aussi se méfier des drops à l'enregistrement quand on atteint le maximum de la capacité machine. Un trop grand nombre de pistes en lecture affecte la piste en cours d'enregistrement. Avec la même configuration, j'ai remarqué que Cubase garantissait l'intégrité de la dernière piste enregistrée. Bref, je n'étais pas satisfait du rendement de ma configuration PC et j'ai craqué pour un Apple G3 cadencé à 300 MHz. Entre temps j'ai musclé le PC et, depuis, j'utilise indifféremment l'un ou l'autre. A l'exception de SoundForge sur PC et de Digital Performer et Peak sur Mac, les mêmes applications et plug-ins sont installés sur les deux plates-formes. Le G3 à 300 MHz est certes plus rapide que le Pentium 200 MHz mais pas dans la proportion annoncée par certains aficionados du Mac. Dans la pratique, que cela soit avec SoundForge sur PC ou Peak sur Mac le temps de calcul est tel que l'écart de performance n'influence pas la qualité du travail.

SMM : aller du Mac au PC et d'un logiciel à l'autre, est-ce une philosophie ?
CR : oui, tout à fait. On prend à chaque fois du recul, cela évite de s'enfermer dans le carcan des habitudes et peut même changer la vision d'un projet. J'ai cependant mes préférences. Cubase VST et Recycle, par exemple, sont installés sur les deux plates-formes. Je reste un fan des "quantisations" de Cubase. Sur PC, j'utilise énormément les traitements et effets de SoundForge et je considère l'ensemble plus précis que l'équivalence Mac. Les fichiers circulent entre le Mac et le PC via le MIDIFile ou le support Zip. C'est lent et pas toujours fiable. C'est pourquoi je compte bientôt équiper le PC d'une carte Ethernet pour optimiser la communication entre les deux plates-formes. Chacune reconnaît l'autre comme une unité de disque et le taux de transfert est comparable. A ce sujet, j'ai vu en Belgique l'annonce d'un nouveau logiciel qui s'appelle Mac Opener qui autorise la gravure de fichiers Mac sur PC. Le logiciel PC Mac Lan est déjà commercialisé et possède la même fonction mais il reste très difficile à trouver. Pour la chanson écrite pour Audren d'ailleurs incluse dans Dark Stone (elle fait aussi l'objet d'un single et d'un clip), le Midi était sur le Mac et j'ai préféré réaliser les 'loops' sur le PC".

SMM : comment as-tu réalisé le son de Moto Racer 2 ?
CR : en matière de réalisation musicale, il y a plusieurs étapes qui, souvent, se chevauchent. Avec deux plates-formes, je peux les travailler simultanément, le risque d'er-reur en moins et avec le meilleur confort. Pour Moto Racer 2 j'ai commencé par écrire et séquencer les parties MIDI. Elles ont été ensuite transférées sur un magnéto Mitsubishi 32 pistes juste pour la sauvegarde. Pour être en accord avec le format hard de la musique, et comme les boucles batterie sont inexistantes ou peu convaincantes dans ce style, j'ai décidé de faire appel à un batteur (Gérald Manceau). Nous avons enregistré deux jours durant au Palais des Congrès les onze morceaux qui représentent environ 35 minutes de musique. Nous avons réalisé plusieurs prises stéréo pour chacun des titres et enregistré le tout sur des bandes DAT De retour chez moi, j'ai tout reporté dans le Cubase VST (PC) via S/PDIF pour le montage. J'ai recomposé la partie batterie à la mesure près. Les boucles les plus longues n'excèdent pas quatre mesures. J'ai pris l'habitude et continue de travailler des parties guitare avec un ADAT Je n'ai pas dérogé à la règle pour Moto Racer 2 et j'ai pleinement savouré la sûreté du couple synchronisé ADAT/ Cubase VST. L'ensemble des pistes ADAT et Cubase VST ont ensuite été reportées sur Protools pour le mixage.

SMM : une réalisation n'est jamais simple. Quelles difficultés as-tu rencontrées sur ce projet ?
CR : je suis rompu à la composition musicale pour les jeux mais c'était la première fois que je devais traiter le bruitage. Un univers que j'ai découvert car je ne suis pas d'un naturel joueur et ne pratique pas sur plate-forme informatique (un peu de Playstation quand même). J'avais une idée fausse du travail que cela représentait. Les bruits utilisés dans les jeux sont 'codés' et il faut se familiariser avec cet environnement sonore avant d'imaginer l'illustrer. La constitution d'une banque de sons dédiés m'a pris énormément de temps. Le plug-in Fusion Vocode de Opcode m'a été d'un grand secours pour détourner les sons. J'ai également eu recours à l'éditeur SoundForge pour traiter à la fois les bruitages et les formes d'ondes musicales. Tous les fichiers waves ont été rééchantillonnés à la fréquence de 22 K par le biais du "Batch Converter' de SoundForge. Un impératif s'agissant d'un CD Rom de jeux.

SMM : quels enseignements as-tu retenus de l'usage exhaustif de tes logiciels ?
CR : de manière générale, j'apprécie au quotidien l'ergonomie de la table de mixage de Cubase VST et la précision de ses correcteurs (EQ) Sur le PC, je coince un peu sur le nombre de pistes mais j'ai conscience d'être limité par les ressources processeur (200 MHz) et le débit du disque UDMA. La gestion de l'archivage des fichiers audio sur Cubase réclame une organisation sans faille. Je l'ai appris à mes dépens lorsque que j'ai réalisé que je devais me rendre en studio et que j'avais l'équivalent d'un Giga de fichiers audio à trier, répertorier et, surtout, à sauvegarder pour être lus sur un autre support que le PC en cas de plantage. Steinberg devrait mieux attirer l'attention de l'utilisateur surla procédure d'archivage des fichiers audio sur Cubase. Quand les fichiers de plusieurs morceaux se retrouvent dans le même répertoire, on hésite à lancer la fonction 'Purge Segment qui écrase les données audio inutilisées dans le morceau. Digital Performer est plus souple à ce niveau. Le logiciel crée automatiquement un dossier et les répertoires qui s'y rapportent C'est d'ailleurs avec Digital Performer et sur Mac cette fois que j'ai travaillé les scènes à l'image de la bande son du dernier jeu de Delphine Software, Dork Stone, qui sera commercialisé en septembre prochain. Un jeu de rôles avec combats où, selon les critères de jeux choisis, le logiciel génère un environnement spécifique (personnages et décors). J'ai découvert les fonctionnalités de Digital Performer un peu par hasard, en réalisant dans l'urgence un projet de musique à l'image. Pour ce genre d'exploitation, Digital Performer me semble être le plus simple et rapide à mettre en oeuvre. Pour tout le reste la bande son de Dark Stone a été réalisée depuis Cubase VST.

SMM : je te propose de conclure sur un plan de guitariste...
CR : je réalise la plupart de mes enregistrements en "prise directe", y compris et surtout pour la guitare. J'ajoute ensuite les effets. Dans la pratique, je double la sortie de la guitare et j'enregistre sur deux pistes. Le premier envoi est affecté au préampli et sert le monitoring, le second attaque directement les convertisseurs A/N de la carte son. L'instrument est enregistré 'Dry' et cela me laisse la ressource de le traiter par la suite avec n'importe quel préampli, physique ou virtuel. C'est une sécurité. Pour l'album de Audren, j'ai travaillé en Belgique dans le studio de Louis Jans (Louis Studio). J'ai enregistré de nombreux " slides " avec la guitare branchée directement dans le ProTools (convertisseurs AN/NA Apogee 8000) et un plug-in de Line Six Amp Farm (simulateur de préamplis et de haut-parleurs guitares) J'avais le monitoring direct avec le plug-in et sans aucun retard audible.
Télégramme 18 05 96
« Quand ça sonne » : Rime avec Sixun

Après Elvin Jones, Pharoah, Herbie Hancock, c'est à un autre concert d'exception que les amateurs de jazz étaient conviés, jeudi soir, à Océanis, dans le cadre du premier Festival de jazz du pays de Lorient, «Mai ton jazz».

En première partie, Christophe Rime et ses musiciens surprirent par la qualité des interprétations des compositions du jeune auteur-compositeur-musicien et interprète belge. D'influences diverses, telles Joe Satriani ou Eddy Van Halen, Christophe Rime a su créer un style, une ambiance et un climat que l'on peut retrouver dans son premier CD enregistré avec l'« Artillerie lourde ». Arrivant de tournée américaine, hollandaise et norvégienne, tout avait été mis en oeuvre afin que le spectacle soit à la hauteur de la réputation du groupe. Sixun, qui existe depuis maintenant 12 ans, est une des plus grosses ventes de CD des groupes français à l'heure actuelle.

Pendant près de deux heures et trente minutes de spectacle bien huilé, musiciens et choristes auront distillé leur jazz-fusion, flirtant entre jazz-rock, funk, rythm'n blues. Pour le final, c'est à un « boeuf » que les 500 personnes présentes auront assisté, « boeuf » mené de main de maître entre les « sax » solos de Rime et Sixun et sur les accents du dernier CD de Sixun, « Lunatic taxi ».
Ouest France 16 05 96

Deux concerts jeudi soir à Ploemeur dans le cadre de " Mai ton jazz "
A l'Océanis, le jazz Rime avec rock

Christophe Rime est la révélation de ces dernières années en matière de jazzrock. Guitariste exceptionnel, il joue demain de l'Océanis à Ploemeur, avant Sixun. "Mai ton jazz " bat son plein. Entre Dee Dee Bridgewater, vendredi soir et Herbie Hancock, ce soir, Christophe Rime puis le groupe Sixun sont attendus jeudi à l'Océanis de Ploemeur. Christophe Rime a été bercé dès sa plus petite enfance par la musique. Une soeur dans le classique, un frère dans la pop, et régulièrement, une musique d'ambiance jazz à la maison. J'aimais le rock, le hard-rock mais pas le jazz", confie-t-il. La batterie est son premier instrument mais très vite, il se tourne vers la guitare. Son ralliement au jazz arrive par hasard. II commence par aller en Angleterre perfectionner son anglais à Cambridge avant de traverser l'Atlantique et d'étudier à la célèbre académie Berklee Collège of Music. . Pendant cette période . américaine, il écume les scènes et les studios. De retour en France, Christophe Rime accompagne nombre de jeunes artistes de variété française, puis goûte à la dance et à la fusion lyrique. Le jazz, c'est finalement son truc mais avec des intonations empruntées au rock, voire au hardrock. gt Ce qui me passionne dans le jazz, c'est la recherche sur les accords, sortir des sons clairs. " Pat Metheny et Allan Holsworth sont ses modèles. " Je n'aime pas cette appellation de jazz-rock Mais disons que j'ai des mor ceaux très jazz et des morceaux très rock. C'est le fruit d'une recherche personnelle. La guitare fait le lien. Seront présents à ses côtés, Bobby Rangel au saxo, qui a joué notamment avec l'Orchestre national de jazz, Roger Biwando à la batterie, ancien musicien de Jacques Higelin. A la basse, Bobby Jocky et au claviers Lionel Fortin.

Isabelle Jegouzo
Guitare Planète avril 95
Rime
Crime Productions/ Night & Day

Christophe Rime perpètre son premier crime. Après avoir ramé dans de nombreux groupes, Rime embarque pour les Etats-Unis. C'est au réputé Berklee College of Music que ce Français muscle sa guitare. En France, ensuite, il joue avec tous ceux qui croisent son chemin et monte des groupes aux noms tordus Kab Kabinet Et Les Chasses Du Comte Zarolf, Soap Op'... De jazz en dance en passant par de la fusion lyrique, il sait tout faire. C'est d'ailleurs en producteur qu'il intègre Crime Productions, un label belge qui publie aujourd'hui cet album. II envoie valser la dance pour passer à une musique plus virtuose. Autant choisir un style qui lui permette d'user ses cordes et son solfège jusqu'à la corde, puisqu'il connaît le manche de sa guitare sur le bout des doigts de la main gauche. Avec Michel Alibo (Sixun, Jonasz), Mokhlar Samba (Eddy Louiss, Jean-Luc Ponty) et Pierre Olivier Govin (Ullramarine) , Rime enregistre ce qui le démange depuis longtemps: du jazz-rock. Du saxophone pincé, à la guitare dont les soli grincent comme une porte, les sons se veulent clairs et aériens. Bien sûr, la section rythmique est irréprochable et la virtuosité prend des risques. Le perfectionnisme n'est pas toujours un défaut.

Sachem
GUITAR & BASS 01 95
RIME
Crime Prod/Night & Day

Christophe Rime est un guitariste français dont le jeu fluide est marqué du sceau du Berklee College de Boston. C'est en effet aux Etats-Unis qu'il est parti réviser gammes et arpèges, avant de revenir prendre sa place ici parmi les bons artistes de studio, vous savez, ceux qui multiplient les séances dans l'ombre, côté pile, pour mener les projets les plus fous côté face. Avec Soap Op', Rime a versé dans la "fusion lyrique" en compagnie de Nguyen Lê, puis de Dominique Di Piazza et Stéphane Huchard. Aujourd'hui, il nous présente sont premier album solo aux relents de jazz fusion, entouré d'une rythmique de rêve, Mokhtar Samba (Ultramarine) et Michel Alibo (Sixun), et du sax de P.O Govin. Les compositions sont soignées, les thèmes accrocheurs, et le jeu des musiciens irréprochable. Les interventions de Rime sont toujours très judicieuses. En son chorus ou saturé, il fait preuve de beaucoup d'inspiration et dévoile une technique à toute épreuve. Son jeu emprunte au jazz, au rock, voire au hard rock avec quelques plans de tapping bien sentis. Christophe Rime se révèle enfin au grand jour et la fusion française gagne encore un guitariste de talent.

F. Talbot
GUITARIST nov. 94
RIME RICHE

Aimez-vous prendre des claques ? Nous venons d'en prendre une belle avec un jeune guitariste Belge , Christophe Rime. Rarement un musicien à mélangé avec une telle réussite les styles de Joe Satriani, Larry Carlton ,Steve Lukather, John Scofield , Mike Stern, Eddie Van Halen, Allan Holdsworth. Son premier album "RIME" (Crimeprod /Night and Day) révèle une grande variété de sons, des plus beaux clairs à la plus grande folie saturée quand les harmoniques sortent toutes seules tant la guitare est chaude . Avec des compos et des arrangements de qualité, l'une rythmique des plus belle que l'on puisse rêver (Michel Alibo de Sixun a la basse et Mokhtar Samba à la batterie), ne passez pas à côté vous pourriez le regretter un jour .

Olivier Cauvin
TELEGRAMME 16 09 95

"Un très solide guitariste de jazz-rock quimperlois chez qui l'on retrouve le phrasé léché et puissant d'un Jean-Michel Kajdan ou du Michel Cusson d'UZEB. Nos coups de coeur vont au percutant " Too toon " introductif er au délicat " Amaudremour " . Ce tendre à la poigne de fer, qui aime à s'entourer de jolies percussions, s'inscrit parfaitement dans un jazz français dont Sixun porte brillamment les couleurs. A découvrir au plus vite. "
SONO Mag janvier 95

La réalisation de "son" disque est un événement dans la vie d'un musicien, a fortiori quand il est l'aboutissement de longues heures passées à suer dans son home studio. Rime est compositeur, arrangeur et guitariste. Le personnage oeuvre pour lui-même, pour sa compagne chanteuse mais sert aussi la musique des autres. II nous parait toujours intéressant de porter à votre connaissance l'expérience acquise par les musiciens confirmés, surtout lorsque ce ''vécu" concerne l'univers douillet du home studio. Levée de rideau...

Home-Tech : Quel a été ton parcours de musicien jusqu'à aujourd'hui ?
Rime : "J'ai grandi entre ma soeur et mon frère, tous deux mes aînés et musiciens. Ma soeur oeuvrait dans le "classique" tandis que mon frère s'adonnait à ce qui s'appelait alors la "pop" musique. J'ai découvert la musique en jouant de la batterie, ce qui posait d'ailleurs quelques problèmes pour l'étude de l'instrument. II me fallait trouver des sous-sols "compatissants". Dans la foulée, ma soeur m'a prêté sa guitare. J'ai grappillé des "plans" à droite, à gauche, mais surtout aux copains guitaristes qui jouaient avec mon frère. Nous avons été, et sommes encore, des milliers à pratiquer de la sorte pour faire évoluer notre jeu et trouver notre propre style. J'ai commencé à jouer des standards de blues et de rock et me suis très rapidement mis à reprendre des solos à l'oreille afin de les transcrire. Une étape incontournable si l'on aspire à jouer en formation.

Autodidacte ? :
Je le suis resté longtemps avant de m'intéresser à la fusion, une musique jugée plus "intellectuelle". J'ai commencé par prendre des cours de guitare puis, en 1982, j'ai réalisé mon rêve qui était de partir étudier la musique à Berklee, à Boston USA. De retour en France, j'ai récolté sans effort le fruit de mes études. Le travail ne manquait pas.

Comment expliques-tu cela ?
Avec le recul j'appellerais cela l'effet Berklee. L'académie bénéficiait d'une certaine renommée et le fait d'y avoir séjourné m'a permis de décrocher de nombreuses affaires. Je participais à de nombreuses séances de "variétés" en studio. Les gens m'ont vu jouer et le bouche à oreille a fait le reste. J'avais 22 ans et c'était la belle vie. Je claquais l'argent au fur et à mesure qu'il rentrait jusqu'au jour où les sources se sont taries, une époque où tout est devenu plus difficile pour tout le monde. Entre-temps j'avais heureusement échafaudé d'autres projets, notamment avec mon amie qui est chanteuse. Elle a signé un 45 tours et nous avons réalisé une série de titres chantés en anglais, titres que nous sommes allés vendre en démarchant les éditeurs à travers le monde. A notre retour, en 1989, j'ai eu le loisir de méditer l'adage qui dit : loin des yeux, loin du coeur. Toute ma clientèle s'était envolée vers d'autres "cieux" et j'avoue qu'il est dur de devoir tout reprendre de zéro. Les choses se sont bien arrangées depuis, notamment avec la réalisation de mon album.

Tu es guitariste, qu'est-ce qui justifie la présence de synthétiseurs et expandeurs Midi ?
Le home studio est surtout dédié aux maquettes de titres, que ce soit pour moi, mon amie ou d'autres personnes. Quand on fait de la musique, on cherche à explorer, à faire du créatif et non pas à se cantonner à son instrument. On a donc besoin d'avoir des sonorités complémentaires de son instrument et c'est ce qui motive l'achat de périphériques Midi.


Choisir un Roland JX-10 comme clavier de commande est surprenant. Ce choix reflète ta philosophie ?
Les sons du Super JX me plaisent et je reconnais préférer, aux machines qui dictent tout, les vieilles casseroles du passé . Dans le fond, je ne suis pas sensible à la mode qui tend à rendre incontournable l'achat du dernier expandeur hi-tech. L'abus qu'en font les productions les fait paraitre désuets avant l'heure. Cela dit, le DX-7 et son grain particulier nous revient. On dispose, par exemple, de belles nappes de Prophet revisitées façon DX Yamaha. On obtient d'étonnants résultats en les superposant aux sonorités du JX Roland.

Ta console, une Studiomaster 16, me replonge dans les années vinyle. Tu envisages d'en changer  ?
Elle date des années 70 et sa fonction première en son temps était d'assurer les retours de scène en sonorisation. Elle dispose de quatre sous-groupes que j'utilise comme retours d'effets. Le fameux Scholl l'a quelque peu modifiée en lui greffant des amplis-up dernier cri. La métamorphose est spectaculaire avec une amélioration du gain et du rapport signal/bruit. Du reste, je l'utiliserai encore comme console de prémixage le jour où je me porterai acquéreur d'une console plus performante, probablement une Mackie 24/2.

Comment ont été enregistrées les guitares qui figurent sur les titres de ton album ?
La quasi totalité des prises ont été faites sur mon Adat en synchro avec le Cubase sur Atari. J'ai ainsi réalisé l'essentiel des thèmes et arrangements guitares de l'album afin d'économiser du temps en studio. On a ensuite fait un report des pistes de l'Adat sur le 24 pistes du studio et c'est seulement après que Mokhtar Samba, Alibo et Pierre Olivier Gauvin sont venus me rejoindre. J'ai également fait des re-re puis je suis revenu chez moi avec une série de play-back couchée sur l'Adat pour peaufiner les solos. Lorsque tout m'a semblé cohérent, je suis retourné en studio pour les enregistrements et le mixage final.

Ca fait beaucoup de va-et-vient. C'est le prix à payer pour être crédible ?
Le but de la manoeuvre était de se réserver le plus de liberté possible dans la réalisation de l'album. Dans la catégorie de musique pour laquelle j'oeuvre, trop d'albums sonnent glaçons parce que la partition est jouée académique. J'ai tenu à ce que les guitares soient enregistrées en une seule prise. A aucun moment je n'ai eu recours au punch in/punch out, une technique qui aseptise la musique et détruit le sentiment de transpiration, facteur d'émotions. On arrive, tout au plus, à montrer ce que l'on est capable de faire de mieux un jour donné. Je voulais que cela reste humain. Du reste, je suis capable de jouer au pied levé, et dans leur intégralité, tous les titres de l'album.

Toutes les guitares ont-elles été mixées à partir de reports de l'Adat sur le 24 pistes ?
Non, elles ont pour la plupart été rejouées en studio mais le titre "Seen on TV", lui, a entièrement été enregistré dans mon home studio et personne n'est' encore venu me dire que cela s'entendait !

Quelle recommandation ferais-tu à nos lecteurs en matière d'enregistrement des guitares?
A trop vouloir bien faire, j'ai commis l'erreur de ne pas enregistrer les guitares avec leurs traitements. On ne m'y reprendra plus ! Cela oblige à être hyper présent au mixage, très concentré pour se souvenir de tous les effets souhaités lors de la prise. On se heurte à des problèmes inattendus. S'agissant des compressions, par exemple, elles ne s'utilisent pas de la même façon dans un set guitare et en studio. Un guitariste est souvent tenté d'avoir des compressions abusives pour obtenir le grain, un effet de pompage du son. Lorsque tu demandes cela à un ingénieur son en studio et que tu pousses à fond les réglages d'attaque de son set de compression Klark Teknik, il te prend pour un dingue.Bref, il faut impérativement enregistrer les guitares avec leurs traitements et réserver les retards, premières réflexions et autres effets de reverse au mixage.

Les lecteurs s'en souviendront. Pour l'heure, ton Adat Alesis est en panne et tu m'as confié ne pas en être satisfait. II t'a pourtant rendu de grands services ?
C'est paradoxal mais c'est ainsi. A l'époque où s'est réalisé l'album, il n'y avait guère que lui de financièrement abordable sans la catégorie des enregistreurs numériques compacts. Sans l'Adat je reconnais qu'il m'eût été impossible de travailler comme je l'ai fait. En revanche, je suis nettement moins enthousiaste en ce qui concerne sa fiabilité et son manque de définition dans le haut du spectre: Je m'en suis rendu compte, car le fossé est énorme, quand j'ai travaillé avec le DtD Soundscape.,Là,pour le coup, on est libéré de toute contrainte technique et on profite de toute la bande passante. En Belgique on trouve le SoundScape à moins de 18 000 F français et je pense me laisser séduire d'ici peu. Les prix pratiqués aujourd'hui pour les DtD ne justifient plus l'achat d'un Adat.

Dans quel studio d'enregistrement et dans quelles conditions l'album a-t-il été finalisé ?
Au Studio 20 en Belgique non loin de Bruxelles. L'ingénieur du son s'appelle Jean-Marc Geuens. J'ai co-produit l'album avec lui, co-produit dans le sens où nous avons tout préparé ensemble. Jean-Marc est un praticien du home studio. Si j''ai accepté et réussi à faire l'album dans ces conditions, c'est aussi grâce à lui. Je voulais que l'album respire la tranquillité, qu'il donne l'impression d'avoir été conçu au coin du feu, un peu comme un musicien qui écoute un disque et se met à jouer de son instrument par dessus. J'ai laissé une grande liberté de jeu aux musiciens pour encourager cela. Tu peux effectivement travailler avec un Protools et nettoyer les pistes à tout va, mais à la fin que reste-il ? II ne faut pas confondre musique et restauration d'archives sonores. Le propre de la musique qui nous intéresse c'est, parfois aussi, l 'impropre".

Propos recueillis par Alain-Marc MALGA

CHRIS
RIME
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GUITAR PART #275 - Fev. 2017
TOUT POUR BIEN DEBUTER LA GUITARE
Christophe RIME
Wise Publications/Music Sales

Pédagogue de renom et musicien pro, Christophe Rime s’aventure sur un terrain complexe : comment apprendre les bases à la guitare électrique ou acoustique aux « vrais » débutants ? Pour ce faire, l’auteur propose un concentré de premières fois guitaristiques : jeux sur les cordes à vide, mélodies et riffs (très) simples, découvertes des accords ouverts avec quelques enchainements, les rythmiques, la gamme blues, le tout saupoudré d’un peu de théorie pour arriver - au terme d’une soixantaine de mini-leçons - à l’apprentissage du barré ! Un ouvrage à l’évolution très progressive et résolument bien pensé qui sera certainement la source de vos premiers emois à la guitare. A mettre aussi entre les mains des enseignants de conservatoires.
Florent Passamonti